[Chronique] En attendant Bojangles

Auteur: Olivier Bourdeauten-attendant-bojangles.jpg

Éditeurs: Finitude

Collection: /

Date de parution: 7 janvier 2016

Pages: 159 pages

Prix: 15,50€

ISBN: 978-2363390639

Résumé

Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.
Celle qui mène le bal, c’est la mère, imprévisible et extravagante. Elle n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.
L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.

Mon avis

Mon esprit est bien embrouillé. Probablement parce que je n’ai pas les mots pour vous décrire ce roman. Par où commencer? En attendant Bojangles c’est un gros chaos. C’est un livre flou dès le début. L’auteur raconte son histoire et assemble les mots comme ils lui viennent. Ça n’a ni queue ni tête, mais c’est tellement travaillé que c’en est ahurissant.

Le narrateur de l’histoire, c’est le fils de deux personnes très atypiques: le père et la mère. Ils n’ont pas de nom (ou du moins ils en changent tous les jours). Leur famille est carrément extravagante. Chaque jour, ils dansent, rient, et invitent leur ribambelle d’amis. Le père est un tisseur de beaux mensonges, enjolivant la vérité. La mère est imprévisible et perd parfois pied avec la réalité. Le fils admire ses parents et vit avec eux à un rythme effréné. L’amour, c’est le mot d’ordre de cette famille. Et ils continuent de s’aimer, malgré la folie qui s’empare de la mère; la meneuse.

L’auteur a le don de rendre le triste joyeux; c’en est terrible. Il installe progressivement la tragédie dans son roman: le bonheur se recroqueville petit à petit. Il assemble des mots avec une telle justesse; c’est incroyable. J’aime comparer ce roman à un long poème, un long mensonge, une longue métaphore filée. L’écriture de l’auteur est magnifique. Il sort constamment des figures de styles aussi belles les unes que les autres. Avec lui rien n’est triste, mais tout est beau à en pleurer. Et malgré cela, j’ai trouvé que l’auteur n’en faisant jamais trop, il place seulement les mots justes sur ses idées folles.

Les personnages sont tout autant excentriques que l’intrigue. La mère vouvoie, danse sur du Nina Simone et se noie dans sa propre folie. Le père est habitué à couvrir sa famille de mensonges, pour rendre la réalité meilleure. Parce que la vie c’est souvent ça; des mensonges à l’envers, à l’endroit. Et il y a le fils. Témoin de l’amour destructeur et fou de ses parents. Il les regarde danser sur ‘Mr Bojangles’ d’un air émerveillé, des étoiles pleins les yeux. En bref, 3 personnages auxquels on s’attache très rapidement de par leur singulier aspect et leur sincérité.

Plus tôt dans la chronique, je vous parlais de la capacité de l’auteur à rendre le triste joyeux, quoiqu’un brin mélancolique. Et c’est ce que j’ai réellement aimé dans ce roman. Le sujet est très dur, mais l’auteur l’aborde de manière différente de d’habitude, et l’enjolive. J’ai de plus énormément aimé la fin. La fin, c’est quelque chose de très important; c’est ce dont on se souviendra après la lecture d’un roman. Et en l’occurrence, je m’en souviendrai. Ce bouquin m’a retourné les tripes, et j’ai tellement pleuré; les larmes ne tarissaient pas. C’est incroyable tout ce que l’auteur arrive nous faire ressentir avec de simples mots. Des mots qui, mis ensemble, laissent une trace indélébile de leur passage. Et je me suis sentie vide, tellement vide lorsque j’ai refermé ce livre.

En bref

Un petit chef-d’œuvre que je recommande à tout le monde. Un bouquin dingue, complètement dingue, agrémenté d’un univers où règne le bonheur, teinté d’une terrible tristesse. L’amour fou résumé en 160 pages.

UNE CLAQUE ET UNE PLUME PLEINE DE SENSIBILITÉ

♪Chanson pendant ma lecture: Mr Bojangles – Nina Simone

« Je ne regrettais rien; je ne pouvais pas regretter cette douce marginalité, ces pieds de nez perpétuels à la réalité, ces bras d’honneurs aux conventions, aux horloges, aux saisons, ces langues tirées aux qu’en-dira-t-on. »

Ma note

♥ ♥ ♥ ♥ ♥

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9 commentaires sur « [Chronique] En attendant Bojangles »

  1. Ce roman est effectivement un OVNI. Je n’en ai jamais lu de semblables. Je ne l’ai pas encore terminé mais je pense que mon enthousiasme sera moins prononcé que le tien. Même si l’amour déborde à chaque ligne, il me manque de la sensibilité pour en faire un coup de coeur.

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