RIQUET A LA HOUPPE – Le nouveau bijou signé Amélie Nothomb

riquet a la houppe.jpg
Auteur: Amélie Nothomb

Éditeurs: Albin Michel

Collection: /

Date de parution: 17 août 2016

Pages: 188 pages

Prix: 16,90€

résumé

« L’art a une tendance naturelle à privilégier l’extraordinaire. »

mon avis

Aujourd’hui –et pour la première fois de ma vie, j’ai pu aller acheter le nouveau roman d’Amélie Nothomb le jour de sa sortie. Non pas que j’habitai dans une grotte avant et que la seule librairie était à 2 heures de chez moi; simplement parce que j’ai découvert cette auteure en janvier dernier. Autant vous dire que ça a été le coup de foudre. Dans ce court laps de temps, j’ai lu une bonne partie de ses romans. Et quel bonheur de plonger dans ses livres à chaque fois! Celui-ci ne déroge pas à la règle; un bon Nothomb comme on les aime.

Riquet à la houppe est tout simplement une réécriture du conte de… Riquet à la houppe (jusqu’ici rien de nouveau à l’horizon) de Perrault. Dans les grandes lignes, c’est l’histoire d’un garçon hideux mais fichtrement intelligent, et d’une fille à la beauté presque irréelle mais « sans esprit » (manière un peu détournée pour dire qu’elle l’intelligence n’est pas sa qualité première). Bien évidemment, tout ça est remixé à la sauce Nothomb, et ça donne du bon, du très bon. Ce que j’aime avec Amélie Nothomb, c’est que c’est beau, tout simplement. De manière imperceptible elle nous transmet sa manière de penser, et on oublie tout le reste. Il n’y a plus que les mots noirs sur le papier granuleux.

Ça fait du bien de retrouver la plume d’Amélie dans un nouveau roman inédit, vous ne pouvez pas savoir à quel point! C’est indescriptible, tout simplement. Cette femme est une surdouée, quelqu’un d’avant-gardiste. Ça change de tout ce qu’on peut voir, même quand c’est des réécritures ça reste totalement original et totalement inédit. L’auteure alterne entre narration et moments philosophiques. Avec elle, rien n’est laissé au hasard. Que ce soit le prénom des personnages (Déodat et Trémière pour ne citer que les principaux), les petits détails qui peuvent sembler anodins au début mais qui se révèlent primordiaux par la suite, tout est écrit avec une précision chirurgicale.

Qu’est-ce qu’on peut en dire d’autre? Les personnages sont extrêmement bien construits, mais je n’en attendais pas moins. On suit tour à tour Déodat et Trémière, et je me suis très facilement attachée voire identifiée à eux. Malgré la finesse du roman, on les suit durant une longue période de leur vie, on les voit évoluer, on arrive rapidement à les comprendre, à les connaître. Ils font partie de nous, je ne sais pas comment expliquer ça. Mention spéciale pour l’art des prénoms (qui est devenu propre à l’auteure). Comme dit précédemment, rien n’est laissé au hasard, et j’ai des étoiles pleins les yeux lorsque je découvre les prénoms qu’Amélie a choisi pour chacun de ses personnages (appeler la petite Trémière parce que sa mère s’appelait Rose et que son père s’appelait Lierre, il fallait y penser!).

Comme dans 80% de ses romans, l’auteure aborde une nouvelle fois l’amour absolu, incommensurable, infini. Si vous me connaissez, vous savez que j’adore les romances, et dans les romans d’Amélie Nothomb, il est très souvent question d’amour. Il y a beaucoup de types d’amour qui sont différenciés dans ce roman, avec beaucoup de contrastes, beaucoup d’intensités différentes, et ce point-là m’a totalement séduite. Pour arriver à l’amour infini, il faut passer par des amours éphémères. Un autre point beaucoup abordé dans ce roman, est la beautéaussi bien extérieure qu’intérieure. Un million de questions sur la beauté découlent de ce roman, et on ne peut s’empêcher de se prendre pour Nietzsche et de philosopher un peu. Vous l’aurez compris, Amélie est très loin d’écrire juste pour écrire. Il y a un message qui se dégage derrière, une conclusion; un peu comme une fable ou un conte.

en bref

Je ne taris par d’éloges quant à cette auteure, mais c’est impossible de faire autrement. Cette femme est simplement à part; inclassable, indétrônable, insondable. Déodat et Trémère resteront gravés dans ma mémoire encore longtemps. Riquet à la Houppe est un successeur digne du Crime du comte Neville, même s’il n’a pas su détrôner Barbe Bleue.

extraits

Il était reparti bredouille. Il détestait se sentir orphelins de livres, comme si aucun bouquin n’avait voulu de lui : il demeurait persuadé que c’était les ouvrages qui adoptaient leurs lecteurs et non le contraire. Orphelin a pour étymologie Orphée, ce qui lui semblait absurde, sauf dans ce cas précis de déréliction.

****

« Parfois, c’est précisément l’absence de tout reflet qui permet de se sentir belle. »

****

Ils résolurent la quadrature du cercle : à l’extase hypnotique des débuts amoureux coïncidaient la calme certitude de leur éternité. Cet amour se passa du serment, cadenas verbal des gens peu de foi.

chansons

  • Get out of my House – Kate Bush (écoutez ici)
  • Nights in White Satin – The Moody Blues (écoutez ici)
  • Hotel California – Eagles (écoutez ici)

coup de coeur

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8 commentaires sur « RIQUET A LA HOUPPE – Le nouveau bijou signé Amélie Nothomb »

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