LA RACINE CARRÉE DE L’ÉTÉ – Quand la science prend le dessus sur l’amour

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Auteur: Harriet Reuter Hapgood

Éditeurs: PKJ

Collection: /

Date de parution: 1/09/2016

Pages: 331 pages

Prix: 17,90€

résumé

Gottie H. Oppenheimer, génie des maths, perd du temps. Littéralement. Lors d’étranges absences, le présent disparaît, et Gottie est projetée dans son passé. La voici, l’été dernier. Quand Grey, son grand-père adoré, est mort, quand elle est tombée amoureuse de Jason… Ou encore il y a cinq ans, quand son ami d’enfance Thomas a déménagé et l’a laissée avec une cicatrice sur la main et un trou noir dans la mémoire. Aujourd’hui, dans la petite ville anglaise où Gottie a grandi, Grey reste absent, mais Thomas est de retour. Le passé de Gottie, son présent et son avenir sont sur le point d’entrer en collision… et le cœur de quelqu’un va bientôt se briser.

  • Je remercie les éditions PKJ pour l’envoi de ce roman suite au concours flash organisé sur Twitter.

mon avis

J’avais repéré ce livre dès l’annonce de sa sortie, et quand j’ai eu la possibilité de le lire quasiment deux mois avant la date de parution, j’étais hystérique. J’aime énormément les romances YA sur fond tragique, et avec ce roman-ci, je pensais être servie. Ça a été le cas, mais je n’ai pas eu le coup de cœur attendu. Ce roman, c’est un ovni de la littérature YA, et ça a peut être été trop bizarre pour moi. Je pense que si je m’y étais attendue, j’aurais moins été surprise, mais lorsque j’ai commencé ce livre, je m’attendais à une romance contemporaine avec une histoire de deuil, pas à un roman où la science est extrêmement présente, un peu trop poussée parfois, nous conduisant quasiment à un roman fantastique.

Dans ce livre, nous suivons Gottie H. Oppenheimer, « génie des maths ». Depuis que son grand père Grey est mort et que Jason l’a abandonné durant ce même été, l’adolescente se morfond. Un an plus tard, Thomas, son ami d’enfance, refait surface. Le passé, le présent et le futur de Gottie se mélangent; le présent s’efface, laissant place au passé, où elle revit son amour pour Jason et la mort de Grey.

C’est un roman très complexe à résumer, ne serait-ce que par la quantité d’informations et de détails qui foisonnent dans le récit. J’ai trouvé ce roman très complexe; je me suis à de nombreuses reprises embrouillée entre passé et présent. Je ne savais pas vraiment où j’étais, quand j’étais, et ça m’a vraiment déstabilisée ; quand on ne sait pas où l’on est, comment peut-on comprendre le reste ? Je me suis résignée à relire certains passages, que je trouvais trop alambiqués. Je l’avoue, je ne suis pas très scientifique (je suis même carrément littéraire), mais un roman young adult doit être compris par tous, et en l’occurrence, je n’ai pas tout saisi. Est-ce seulement moi qui ai un problème, ou bien est-ce l’auteure qui a trop développé la science quantique ?

J’ai quand même été touchée par l’histoire très profonde. Gottie est une jeune fille très intelligente, et surtout très perdue. Je me suis rapidement attachée à elle, de part sa sensibilité, ses émotions ambigus, et ses sentiments intenses. Elle se cache, évite la réalité, évite tout contact, et je me suis beaucoup retrouvée en elle. Elle apprend petit à petit à redécouvrir la vie, ne plus se murer dans son silence, ne plus se cacher derrière son ironie. Et  cet aspect là est magnifique. C’est en quelque sorte un récit initiatique, puisqu’on voit Gottie grandir, accepter la mort de Grey, la mort de sa mère, le départ de Thomas, la rupture de Jason.

Cette histoire a vraiment un fond tragique. Au début je ne m’en rendais pas forcément compte, mais je me surprends à repenser à ce livre, sourire en me souvenant de certains passages qui apportaient de l’éclat au récit, ou au contraire, me rappeler de certains passages très ténébreux, très noirs, qui m’étreignaient le cœur. La détresse de Gottie était tangible, et son désespoir indicible. Mais malgré tout, le récit n’était pas noir en lui-même. Comment expliquer cela ? On perçoit la tristesse, mais on ne la ressent de manière fulgurante seulement par moments. Il y a des moments où j’ai ris, où j’ai ressenti de l’espoir, où j’étais bien. Et d’autres moments où mon cœur était nettement moins joyeux…

Au début du livre, j’étais persuadée qu’il y allait avoir un triangle amoureux. Bornée comme je suis, je n’ai changé d’avis qu’aux trois quarts du roman. Et pourtant, il n’y en avait pas (mais il faut toujours que j’ai raison). Et (roulements de tambours) MERCI à l’auteure de ne pas avoir casé de triangle amoureux si caractéristique de young adult ! La romance n’est pas niaise; elle fais du bien, elle nous donne de l’espoir, elle reprend cet espoir puis le brise en milliards de morceaux, et nous en redonne un fragment, une fissure d’espoir. L’espoir que Gottie aille mieux, qu’elle surpasse ce décès, qu’elle lui fasse face, tout simplement. Qu’elle l’accepte, qu’elle fasse son deuil. Parce que ce roman n’est pas qu’une romance, ou une histoire de maths : c’est une histoire de deuil, un deuil qui fait mal, qu’on ne peut pas faire, qu’on ne veut pas faire. Et forcément, ça m’a plu.

Outre le gros bémol que j’ai énoncé au début de cette chronique, je n’en trouve pas d’autre. J’ai passé un excellent moment en lisant ce roman si original et si marginal. Gottie a su se frayer un chemin jusqu’à mon cœur, et la suivre a été un réel plaisir. Durant 331 pages, je l’ai suivie, je l’ai soutenue, j’ai espéré pour elle, j’ai souffert avec elle. L’auteure a vraiment su coucher sur papier les émotions de son personnage; des émotions réelles, qui sonnent vraies, des émotions en diamant vingt-quatre carats, que l’on ressent dans ces moments-làCe livre c’est une thérapie ; la thérapie de Gottie, et la notre. Une reddition, un pardon, une acceptation. Un espoir, une lueur dans les ténèbres. Une histoire d’amour, une histoire de deuil, reliées entre elles grâce à la science.

en bref

Un livre qui mélange amour, deuil et science très touchant. J’ai trouvé que la science était trop présente, pas assez bien dosée, ce qu rendait ce roman brouillon par moments. Cependant, les sentiments et les émotions décrites par l’auteure sont magnifiques, tangibles et percutants. 

extraits

Que dirait Grey ? Il chanterait sans doute My Way à tue-tête, et puis il me dirait que l’amour, ça se hurle à grands cris.

****

Ce qui n’est pas une bonne nouvelle, parce qu’il y a des livres partout. Une double rangée depuis le sol bancal jusqu’au plafond de guingois. Empilés contre le mur. Fourrés sur le lit. Des stalagmites de mots.

****

La simplicité mène à la complexité.

La complexité mène au chaos.

chansons

  • My Way – Frank Sinatra (écoutez ici)
  • Marina Tsvétaéva – Dominique A (écoutez ici)
  • Wasting My Young Years – London Grammar (écoutez ici)

manote4

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2 commentaires sur « LA RACINE CARRÉE DE L’ÉTÉ – Quand la science prend le dessus sur l’amour »

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