LES ÉVADÉS DU BOCAL – De la vitamine C littéraire

les evades du bocal.jpgAuteur: Bruno Lonchampt

Éditeurs: Sarbacane

Collection: Exprim’

Date de parution: 7 septembre 2016

Pages: 176 pages

Prix: 15,50€

résumé

Ils sont trois à s’évader de leur hôpital psychiatrique. Trois pieds nickelés soudés au chalumeau de leurs embrouilles paranoïaques, mais sacrément acharnés à vivre. Pourtant, entre Lisa, la superbe maniaco-délurée, Sandro, le jeune schizophrène halluciné, et Yves le papy rocker altermondialiste, il n’y a pas grand chose en commun à la base.

  • Un grand merci aux éditions Sarbacane pour l’envoi de ce roman !

mon avis

Les Évadés du bocal, c’est le petit nouveau de la collection Exprim’. Traduction : Les Évadés du bocal, c’est un livre complètement dingue, plein d’humour et pourtant vibrant d’émotions et intelligent qui caractérise si bien cette collection. Un roman qui m’a ravie par son originalité et sa marginalité, sa capacité à rendre heureux simplement avec des mots. Un livre qui remet en cause tous les autres, et qui nous fait apprécier la vie plus que jamais.

Lisa, Sandro et Yves sont tous les trois internés à l’hôpital psychiatrique de Valcone. Dépression, schizophrénie, paranoïa ? A d’autres ! Les trois mousquetaires n’ont pas l’intention de laisser les médecins vendre leurs organes. Ni une ni deux, ils s’évadent de cette prison, et laissent la réalité loin, très loin derrière eux.

J’ai plongé la tête la première dans ce livre. Je me suis directement prise d’affection pour chacun des trois personnages. Ils ont d’entrée de jeu été familiers à mes yeux ; comme si je les avais toujours connus, et que je m’évadais avec eux de cet hôpital. J’ai trouvé que c’était propre à l’écriture assez familière de l’auteur de rendre ses personnages humains, et très crédibles. Lisa, Sandro et Yves sont tellement attachants et touchants. D’ordinaire, la paranoïa, la dépression ou encore la schizophrénie sont abordés de manière mélodramatique. Ici, absolument pas. C’est décrit de telle sorte que l’on trouve les personnages et leurs comportements normaux, et que l’on devienne durant 176 pages comme eux ; un peu paranoïaque sur les bords, mais faut bien se méfier des trafiquants d’organes quand même, ce n’est pas anodin !

L’écriture de l’auteur est incroyablement moderne. Pas de longues tournures de phrases, pas de détails implicites cachés dans le texte. C’est clair, c’est simple, c’est une écriture un peu parlée mais qui n’en reste pas moins travaillée. Plus que de simplement écrire, Bruno Lonchampt fait réfléchir, donne l’image d’une société pourrie où seul le compte en banque a de l’importance. Une sorte de livre qui dénonce les injustices ; un cri lancé à l’humanité pour réagir et réfléchir. C’est catégorisé young adult, mais ce n’est pas pour ça que l’auteur se restreint à écire un texte sentimental, ou bien un récit d’action. C’est intelligent, pertinent, bien écrit et ça touche le lecteur.

La trame de ce roman est totalement inédite ; je n’avais jamais rien lu de pareil. L’univers décalé, les personnages qui n’ont rien des protagonistes ordinaires, ce chancellement constant. On est funambule ; notre fil est la réalité, et le gouffre, la folie. Et sans hésiter, on saute les pieds joints dans le gouffre, et on s’enfonce dans le même degré de folie que les personnages. Ils ne sont pas forcément stables, ils sont shootés aux médocs, mais on choisit indubitablement de leur faire confiance, et de les croire. On ne sait jamais vraiment si c’est eux qui sont en plein délire paranoïaque, ou bien si c’est les autres, les gens normaux et totalement inintéressants, qui mentent.

L’auteur maîtrise totalement son récit. Il dose très justement les descriptions, les dialogues, et l’action. En un mot ; le rendu est loufoque. Bruno Lonchampt insère aussi dans le récit des interludes qui nous permettent de découvrir le passé des personnages. Evidemment, ça nous permet de comprendre et de connaître plus Yves, Sandro et Lisa. Ces passages rajoutaient une sorte de douceur au récit ; les passés de nos trois héros m’ont touchée. Leurs passés sont des débris de vie qui ne s’assemblent plus avec leur présent. Le passé de l’un est incompatible avec celui de l’autre, ils n’ont rien de commun et pourtant, on a rarement vu des personnages aussi proches et aussi soudés. Leur folie les réunit. Et ensemble, plus rien ne les arrête.

en bref

Un récit tour à tour drôle, touchant et dingue. Des réflexions intelligentes sur notre société mêlées à une écriture familière. Yves, Sandro et Lisa sont trois anti-héros et pourtant, on a rarement vu des personnages aussi héroïques. Après l’avoir lu, on a envie de hurler notre folie à grands cris.

extraits

Ici, c’est l’hôpital psychiatrique du Valcone, un grand complexe spécialisé dans les barjos en tout genre : une dizaine de pavillons, un parc, un petit bois pour se perdre un quart d’heure, un bar sans alcool histoire de narguer les adeptes des tournées de pression, et même quelques biches dans un enclos, si l’envie en prenait certains d’en apprendre un peu plus sur la maman de Bambi.

****

Yves s’allume une Camel avec son zippo Rolling Stones, tire une bouffée avant de passer sa cigarette à Lisa. La belle aspire la fumée, manque s’étouffer, puis éclate de rire en tendant la clope à Sandro. Le virus les prend tous, il est beau son rire à Lisa, il donne envie ! Il y a quelque chose comme du bonheur dedans, il gifle le mal et prend toute la place ! Quand il est là, on voudrait le garder avec soi, l’empêcher de partir par tous les moyens… et qu’il reste pour toujours.

****

Mais non Yves t’es con ou quoi il lui a rien dit pourquoi il ferait un truc pareil t’es toujours à t’imaginer des trucs détends-toi sérieux moi franchement j’aimerais pas être dans ta tête ça doit être stressant là-dedans la guerre civile permanente…

chansons

  • En Route pour la Joie – Noir Désir (écoutez ici)
  • Jeunesse Talking Blues – Fauve (écoutez ici)
  • Despair, Hangover & Ectasy – The Do (écoutez ici)

manote5

Publicités

10 commentaires sur « LES ÉVADÉS DU BOCAL – De la vitamine C littéraire »

  1. Tu vends très très bien ce roman !
    J’avais des doutes sur celui-ci, qui avait l’air de sortir totalement de l’univers habituel des Exprim’, mais finalement je vais peut-être tenter ma curiosité… et puis pour 176 pages, ce n’est pas un grand sacrifice 😉

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s