CETTE OBSCURE CLARTÉ – Une lueur d’espoir dans les ténèbres

cette obscure clarté.jpgAuteur: Estelle Laure

Éditeurs: Hachette

Collection: /

Date de parution: 14/09/2016

Pages: 300 pages

Prix: 17€

résumé.png

Lucille, 17 ans, vit seule avec Wren, sa petite soeur de 9 ans. Leur père a été interné, leur mère a quitté la ville. L’adolescente est débordée entre le lycée et le job qu’elle a décroché tandis que sa meilleure amie, Eden, garde Wren. Des miracles surviennent, comme un frigo qui se remplit tout seul et une voiture qui se répare par magie…

  • Je remercie les éditions Hachette pour m’avoir permis de lire ce livre.

mon avis.png

Cette obscure clarté – un titre tiré d’une oxymore de Corneille qui a tout de suite capté mon attention. Un titre qui annonçait beaucoup de poésie et d’émotions à peine refoulées. Ce roman a brillamment réussi à me toucher, de part son sujet dur et ses personnages fragiles. Cette histoire restera gravée dans une partie de ma mémoire.

Cela fait deux semaines que la mère de Lucille et Wren est partie ; besoin de souffler, d’oublier – tout, y compris ses propres filles. Depuis, Lu, jeune fille de dix-sept ans, vit seule avec sa petite sœur ; Wren. Entre la maison, les factures et les cours, Lu se démène pour ne pas être séparée de sa sœur, aidée d’Eden, sa meilleure amie. Mais même lorsque tout est noir, des miracles surviennent …

Cette obscure clarté – c’est l’histoire d’une famille qui part en lambeaux, l’histoire de personnes brisées et malgré tout l’histoire d’une amitié puissante, l’histoire de liens fraternels tangibles et l’histoire d’un premier amour ; l’histoire des ténèbres où persiste une faible lueur d’espoir. Le nombre de sujets abordés fait la force de ce roman ; ils sont nombreux, et tous très bien traités. L’auteure se démarque en abordant des thèmes peu abordés dans le young adult, comme le manquement parental – la négligence des parents envers leurs enfants. Le roman pose de vraies questions, ce qui le rend intelligent, tout en restant simple, avec une écriture propre au contexte.

En effet, le livre est en réalité le journal intime de Lucille. L’écriture reste donc très simple et sans fioriture ; l’auteure appuie le côté psychologique et sentimental du récit, au détriment d’une écriture sophistiquée ou poétique. Bien que cet aspect m’ait gênée au début de l’histoire, je m’y suis rapidement habituée, et j’ai trouvé que cette forme apportait quelque chose au roman. Le fait qu’il soit du point de vue de Lu permet bien sûr de s’attacher plus facilement à elle, mais également de ressentir les actions extérieures – l’abandon de sa mère, l’internement de son père, les factures à payer – avec les mots d’une adolescente de dix-sept ans, qui – bien qu’elle ait dû grandir plus vite – reste peu sûre d’elle et fragile. Ses sentiments sont donc l’essence même du récit ; et cela le rend poignant et cruellement vrai.

Bien que Lucille soit l’héroïne du roman, Wrenn -sa sœur, Eden -sa meilleure amie, ainsi que Digby -le jumeau d’Eden qui ne laisse pas Lu indifférente, sont également très présents et permettent d’équilibrer le récit pour ne pas que les moments sombres soient trop présent, et rendent le roman dramatique. J’ai beaucoup aimé chacun des personnages imaginés par Estelle Laure, qui avait tous un caractère propre, et qui était tous développés. J’ai eu l’impression que les personnages étaient la base même du roman et que, par conséquent, l’auteur s’intéressait beaucoup à eux et n’hésitait pas à développer chacun de leurs traits, au risque de ralentir l’intrigue. Ils se dévoilent au fur et à mesure du récit – leurs fissures apparaissent progressivement, ils s’affirment, grandissent, mûrissent. Cette évolution des personnages marque le côté initiatique du livre, un aspect que j’ai trouvé très intéressant, permettant de scinder le récit et de marquer la prise de conscience de ces adolescents, qui deviennent des adultes.

Les liens fraternels sont très importants dans ce roman, et sont représentés par Lu et Wrenn. Leur relation est très puissante, et leur amour mutuel est évident. Wrenn est une jeune fille qui m’a beaucoup touchée ; malgré leurs huit ans de différence, les deux sœurs sont très proches et toutes les deux très mûres, et font face à l’abandon de leurs parents ensemble. L’amitié et l’amour sont également beaucoup abordés dans ce récit et représentent le côté lumineux du roman ; l’espoir. Eden est pour Lu un vrai soutient, et la relation entre les deux jeunes filles était très belle. La romance est également jolie, bien que je n’ai pas particulièrement aimé le fait que Dibgy soit avec une autre fille lorsqu’il s’intéresse à Lucille. Cela n’apportait pour moi rien à l’histoire. Cependant, outre ce point négatif, j’ai trouvé la romance mignonne ; elle était simple et tranchait avec la noirceur de l’intrigue principale. Elle était également modérée, et ne prenait pas toute la place dans le récit, ce qui permettait à l’auteure de se concentrer sur les autres personnages, et la reconstruction de Lucille et Wrenn après le départ de leur mère. L’auteure a vraiment su décrire les sentiments de ses personnages avec beaucoup de finesse et de délicatesse, et à dépeindre les fils qui les liaient avec justesse, et sans les exagérer.

en bref

Un roman touchant, qui dépeint les sentiments d’une jeune fille qui voit ses repères s’écrouler. L’auteure a très bien décrit les liens entre les personnages ainsi que leurs sentiments, avec une écriture simple et addictive.

extraits

Expliquez-moi à quoi ça sert de vivre si on n’est pas prêt à se battre pour les vérités de son cœur, à prendre le risque d’avoir mal.
Il faut rager.

****

Un sentiment doit pourvoir se traduire en action, sinon il n’a aucune valeur.

****

-Je crois que ta mère vous aime. Elle vous aime même peut-être tellement qu’elle pleure à longueur de journée. Oui, elle s’en veut peut-être à ce point.
Elle pose son regard sur moi, il me transperce avant de revenir à la surface.
– Mais si elle ne revient pas, si elle en est incapable, pour une raison tordue qui légitime son attitude alors qu’elle sait pertinemment tout ce que vous avez traversé, tout ce que vous avez à subir sans elle…Alors dis-moi, mon adorable Lulu, dis-moi quelle putain de différence ça fait ?

chansons

  • Red eyes – Thomas Azier (écoutez ici)
  • Hope there’s someone – Anthony and the Johnsons (écoutez ici)
  • True love will find you in the end – Daniel Johnston (écoutez ici)

manote4.png

Publicités

6 commentaires sur « CETTE OBSCURE CLARTÉ – Une lueur d’espoir dans les ténèbres »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s