FILS D’ANTIGONE – La tragédie se perpétue

Fils d'Antigone.jpg

Auteur: Irène Cohen-Janca

Éditeurs: Le rouergue

Collection: doado

Date de parution: 5/10/2015

Pages: 75 pages

Prix: 8,50€

resume

Nat ne croyait pas se retrouver un jour dans la peau d’une héroïne de tragédie. Antigone. Il l’avait étudiée en classe. Antigone et son courage, sa peur et son entêtement. Antigone et sa soif d’absolu. Mais comme elle, face à la tragédie, Nat va devoir se battre. Il a quatre jours devant lui. Heureusement, Stella, son amoureuse, est à ses côtés.

  • Merci aux éditions du Rouergue pour l’envoi de ce livre !

mon-avis

Fils d’Antigone, c’est un roman très court et très intense, immensément noir, qui aborde des sujets profonds. Indéniablement, ce livre m’a touchée, et a remué quelques souvenirs en moi. Mais j’ai encore une impression de non-aboutissement malgré tout. Quand on trouve un livre ténébreux qui nous fait réfléchir, on a envie qu’il dure le plus longtemps possible.

Dans ce livre, nous suivons Nat, un adolescent qui vient de perdre son père. Alors même que les ténèbres l’étreignent, il refuse l’idée d’incinérer son père et se bat contre sa mère, qui réfute l’idée de l’enterrer. La tragédie d’Antigone se perpétue ; Nat ne supporte pas de voir son père se consumer. Durant quatre jours, il se battra pour voir son père enterré, aidé de sa petite amie, Stella.

Le sujet traité dans ce roman était très différent d’autres thèmes plus propres au genre. L’auteure ne se contente pas d’exprimer la souffrance d’un adolescent face à la mort de son père, elle extériorise également la colère et l’incompréhension d’un humain qui perd un de ses piliers, et qui est terrorisé à l’idée de le brûler. Un adolescent paumé, dévasté, enragé contre l’injustice de la mort. Les sujets sont multiples mais restent très concis et peu développés. Le nombre de pages peu conséquent du roman exacerbe certes sa brutalité et produit un choc chez le lecteur, mais ne permet à mon avis pas l’aboutissement et le développement complet des pensées du personnage principal. Nat est un personnage complexe -comme le roman- et très percutant, mais le démêlement de ses pensées m’a laissé un goût d’inachevé.

Les quatre vingts pages de Fils d’Antigone étaient un concentré de noirceur, de ténèbres. Un roman très tragique, très sombre, peu optimiste. Un questionnement incessant, qui s’insinue en nous. Indubitablement, ce roman pose des questions fondamentales. Le tragique a percuté de plein fouet le young adult. Le parallèle avec la mythologie d’Antigone était intéressant et innovant, bien que je l’ai trouvé encore une fois secondaire ; je m’attendais à quelque chose de plus présent : le mythe central et fondamental du récit.

Le personnage principal est construit et profond ; nous avons une approche très fine et étroite de ses pensées et de sa psychologie. Son incompréhension et sa colère face à la mort nous percutent et apportent la compassion. Il est impossible de ne pas être touché et concerné par sa situation ; le défendre et l’aider apparaissent comme une nécessité. Cependant, j’ai trouvé que Nat était le seul personnage profond de l’intrigue. Les autres personnages figuraient simplement dans le livre, mais n’avaient à mon sens pas d’impact, et n’étaient pas assez construits ; ils étaient superflus. Nat enclavait toute la noirceur et le tragique du livre.

en-bref

Fils d’Antigone est un roman innovant dans le genre, tragique, touchant, bien qu’il soit peu abouti. Un récit coup de poing, qui perpétue la tragédie d’Antigone.

extraits

 » Je n’arrive pas à le croire. J’en viens à me donner des coups avec mes propres poings, à me balancer des gifles avec mes propres mains, en me répétant que tu es mort, histoire de me le faire entrer dans le crâne. Que faire de cette douleur qui me vrille le cœur et le cerveau, colonise mes nerfs et mes muscles, ravage tout en moi. Injuste. Impossible.  »

****

 » C’est par où le pays des morts ?  »

****

 » Envie de chialer. Qu’est-ce qui m’arrive ? Trop de fatigue. Trop de larmes ravalées. Elle prend ma main. Et c’est comme si personne ne m’avait touché depuis des siècles. »

chansons

  • Ton Héritage – Benjamin Biolay (écoutez ici)
  • Everybody Hurts – REM (écoutez ici)
  • The Scientist – Coldplay (écoutez ici)

manote3

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2 commentaires sur « FILS D’ANTIGONE – La tragédie se perpétue »

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