THE AIR HE BREATHES – De l’espoir griffant le silex de la mort

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Auteur: Brittainy C.Cherry

Éditeurs: Hugo Roman

Collection: New Romance

Date de parution: 7/7/2016

Pages: 423 pages

Prix: 17€

resume

Tout le monde m’avait avertie au sujet de Tristan Cole.  » Garde tes distances avec lui, me disait-on. Il est cruel. Il est froid. Il est bousillé. » C’est facile de juger un homme sur son passé. De regarder Tristan et de voir en lui un monstre. Mais je n’ai pas pu agir de la sorte. J’ai reconnu la désolation qu’il portait parce qu’elle était comparable à celle qui m’habitait, et je l’ai acceptée. Lui et moi, nous étions des coquilles vides. Nous étions tous les deux à la recherche d’autre chose. De quelque chose de plus. Nous voulions tous deux recoller les morceaux éparpillés de nos passés respectifs. C’était peut être la condition pour que nous puissions finalement réapprendre à respirer.

mon-avis

Mon dieu, ça devrait être interdit de me faire ressentir autant d’émotions en si peu de temps. Depuis quelques heures, la principale question que je me pose est « est-ce que ce livre est un coup de cœur ? ». Mon cœur balance. Ce bouquin m’a foutu une sacrée claque, c’est indéniable. Il était beau. Brisant. Bourré d’humour. Léger et pourtant tellement important. Un récit humain en somme. J’en ai encore mal au cœur. Peu de romances new adult peuvent se vanter d’être aussi touchantes.

Elizabeth et Tristan sont deux personnes brisées par la vie. Totalement fêlées, bourrées de plaies ouvertes. Tristan a vu périr sa femme et son fils dans un accident de voiture un an plus tôt. Elizabeth a perdu son mari une année auparavant ; seule Emma, sa fille de cinq ans, la retient désormais. Lorsqu’ils se rencontrent, ils se perdent dans le corps de l’autre ; ils voient à la place de l’autre leur ancien amour dorénavant disparu. Leurs passés semblent les rattraper constamment, leur amour naissant semble incongru. Jusqu’à ce que les fissures se ressoudent. L’amour peut-il apprendre aux âmes les plus brisées à respirer ?

L’émotion qui se dégage de ce livre est incroyable. C’était très touchant, et pourtant pas glauque, ni trop noir. Le récit jongle entre moments sombres, imprégnés de tristesse, et touches d’humour, de vie, d’espoir. Ce livre a le don de vous nouer la gorge puis vous faire éclater de rire ensuite en quelques lignes. Les émotions qui se dégagent de ce livre sont multiples, et je pense que c’est impossible de ne pas les percevoir. Les mots jaillissent sur le papier, s’échappent du cœur de l’auteure ; les mots forment une musicalité étonnante. Les émotions tangibles dans ce livre et les sentiments des personnages sur le gros point fort du récit, et c’est ce qui la différencie d’après moi d’autres romances que j’ai pu lire. Les romances ont souvent un fond tragique, mais rarement aussi sombre, et la douleur est rarement aussi bien écrite. Ça touche le lecteur, ça lui parle, le percute, l’abîme, encore et encore. Et pourtant, l’auteure veille à garder une faible lumière allumée. Une lueur dans les profondeurs. Un peu d’espoir dans cette mer de tristesse. Les personnages touchaient à l’espoir, glissaient. Leurs cœurs se brisaient indéfiniment. Se recomposaient, doucement. Mon cœur s’est reconstruit au fil des pages, parfaitement synchronisé avec celui des personnages. Ce livre, il transmet quelque chose, véritablement. De la douleur, mais quelque chose en plus. Il fait prendre conscience de l’atrocité du monde ; insulte ce monde et l’injustice, encore et encore. Mais ensuite, il montre une brèche dans le système. Une toute petite brèche de rien du tout ; une petite tache de lumière dans ces ténèbres. Et cette lumière prend possession du roman ; nous montre les côtés pleins d’espoir de la vie, la beauté qui existe dans ce monde, les moments qu’on aimerait revivre encore et encore.

Les personnages étaient bouleversants. Ils étaient bourrés de défauts et supportaient des passés trop lourds, ce qui permettait de les comprendre rapidement. J’ai eu une impression de double-histoire ; celle des personnages avant de se briser, et celle de leur reconstruction, et ce contraste était beau. Passé et présent se mélangeaient ; les décombres d’un ancien bonheur les incombaient, mais ils évoluaient malgré tout. Le personnage d’Elizabeth voyait au delà des souffrances et des fissures de Tristan. C’était joli cette façon qu’elle avait de ne pas considérer Tristan comme un monstre et de ne pas suivre l’avis des gens, qui lui recommandaient de ne pas l’approcher. Elizabeth est un personnage fort ; elle se bat pour ce qu’elle croit juste, essaie d’avancer, et s’accroche à sa petite fille. Quant au personnage de Tristan, il a différentes facettes qui le rendent plus complexe, et aussi travaillé qu’Elizabeth. Sa douleur le rend froid, distant, et pourtant il laisse entrapercevoir parfois des aspects de lui qui le rendent plus touchant. Cet homme est rongé par la tristesse. Un homme qui ne croit plus à rien, si ce n’est qu’à l’injustice du monde. Et pourtant, un personnage qui grandit, malgré son âge. Tristan évolue, grâce à l’amour qu’il reçoit et qu’il commence à ressentir également. Emma, la petite fille d’Elizabeth est adorable. Elle apporte une touche d’innocence au roman, de légèreté. C’est une petite fille de cinq ans intelligente, mignonne, et totalement touchante. Elle souffre de ne plus revoir un père qu’elle n’a presque pas connu, même si elle ne comprend pas l’entièreté de la douleur de sa mère. Cette allégorie de l’innocence rend le roman plus lumineux, et lui enlève quelques grammes de tragédie. Enfin, Faye, la meilleure amie d’Elizabeth, était explosive. Cette femme, nymphomane sur les bords, m’a tout de suite plu. Humaine, pleine de vie, qui semble se foutre de tout, et pourtant un peu perdue. Une jeune femme qui cache souvent ses émotions, et qui apporte beaucoup d’humour au récit. Elle arrache la noirceur du livre. Elle est pleine, vivante. En somme, des personnages auxquels on s’attache tout de suite, complets et réels.

La romance entre les deux héros n’était certes pas innovante, mais n’en restait pas moins touchante. Au début, ils entretiennent des rapports sexuels car cela leur permet de voir leur ancien conjoint dans les yeux de l’autre. Ils rassemblent les débris du passé pour le perpétuer, et ainsi le transformer en présent ; prendre la douleur, la jeter loin dans un coin, et tout oublier. Cela peut sembler glauque, mais c’est joliment amené. Ils ont tout perdu, trop vite, et tentent simplement d’aller bien quelques instants. Cependant, la réalité les rattrapent vite, et ces rapports ayant pour but de revivre le passé se transforme en relation destinée à créer un futur. Il y a pour les deux personnages une reconstruction par l’amour. L’amour qui les a brisé, et qui leur laisse maintenant la possibilité de collecter les pièces d’eux mêmes qu’ils avaient enfouis. Ils prennent conscience que ça doit être beau d’arrêter de souffrir, d’arrêter d’essayer de balayer leurs débris intérieurs, d’arrêter de courir pour retrouver leur ancien amour. Ça doit être beau de s’arrêter de courir, de regarder l’autre droit dans les yeux en disant « c’est toi que je veux ». De laisser l’autre apaiser ses muscles endoloris. Et c’est exactement ce qu’il se passe. L’avantage dans les relations entre deux adultes, c’est qu’ils s’avouent à eux-mêmes rapidement leurs sentiments envers l’autre. Ils restent lucides, et ça ne fait pas lever les yeux au ciel. Ce livre détruit toute la confiance du lecteur en l’amour, puis il rappelle que l’amour, ça n’a pas que le pouvoir de briser. Ça permet de reconstruire sur des ruines de cœurs brisés.

L’écriture est caractéristique du new adult, fluide, addictive, simple. Et pourtant, elle prend du volume par moments. Elle devient poétique, prend de la profondeur, touche le lecteur. C’est bien écrit, et j’ai rarement lu des romances new adult aussi belles. Quelques styles d’écriture se mélangent ; un peu vulgaire parfois, mais drôle, et souvent poétique, touchante, tout en conservant une fluidité imparable. Finalement, la seule chose que je n’ai pas aimé dans ce livre est une partie de la fin. Ça a pour moi gâché la fin de ma lecture. Il y a quelque chose de très peu crédible dans cette fin, et qu’on retrouve trop souvent. Une sorte de triangle amoureux trop vu, quelque chose qui, soyons honnêtes, n’arriverait jamais réellement, et qui décrédibilisait l’entièreté du roman. Cet élément n’arrive qu’à la fin, il ne m’a donc pas gêné longtemps, mais j’ai trouvé ça très dommage. Le roman aurait été parfait sans cet espèce de thriller qui surgissait à la fin subitement. Un élément donc injustifié, qui arrivait sans préméditation. Je suppose que cela ne dérangera pas tout le monde, donc j’espère que ça ne rebutera pas certains. Cela n’enlève rien à la beauté du roman, à sa douceur, à sa brutalité, et à l’attachement que j’ai éprouvé envers les personnages. Des personnages qui ont gravé leur souffrance sur le coin gauche de mon cœur, et l’espoir de l’autre côté.

en-bref

Une romance new adult sublime, qui se démarque des autres par sa beauté, sa souffrance perceptible à des kilomètres, et ses personnages torturés. Une dose d’espoir et d’humour présente également, et qui balançait le récit afin de ne pas le rendre trop dur.

extraits

« Lui et moi ensemble, c’était une très mauvaise idée. Nous étions instables tous les deux, nous étions démolis tous les deux et il n’étais pas question de le nier. Lui, c’était le tonnerre et moi j’étais l’éclair, et nous étions sur le point de déclencher une tempête. »

__

 » – Maman ?

– Oui, ma chérie ?

– C’est quoi un con ?

Cinq cent quatre-vingt deuxième erreur parentale de la journée.

– C’est rien, Bébé. J’ai dit un thon. Un thon est un gros poisson.

– Alors tu as traité cette personne de poisson ?

– Ouaip ! Un gros poisson. »

__

« Même quand on a le cœur brisé, il y a quelque chose de résolument optimiste à lire un livre qui parle d’amour. »

 

chansons

  • Happier – Ed Sheeran (écoutez ici)
  • Asleep – The Smiths (écoutez ici)
  • Blizzard – Fauve (écoutez ici)

manote5

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19 commentaires sur « THE AIR HE BREATHES – De l’espoir griffant le silex de la mort »

      1. Il me nargue dans ma PAL, j’attends la fin des examens (dans une semaine) pour le commencer et j’ai hâte, The Fire m’avait vraiment retournée, je me souviens pas avoir déjà ressenti ça en lisant un roman !

        Aimé par 1 personne

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