INSÉPARABLES – L’épitaphe d’un amour

inséparables

Auteur: Sarah Crossan

Éditeurs: Rageot

Collection: /

Date de parution: 17/5/17

Pages: 406 pages

Prix: 14,90€

résumé

Grace et Tippi. Tippi et Grace. Deux sœurs siamoises, deux ados inséparables, entrent au lycée pour la première fois…

mon avis

Ce sont les premiers accords de
Stairway to Heaven
qui envahissent d’abord
ma tête quand
je referme ce livre.
Suivis ensuite d’un
t o  u   r    b    i       l     l   o     n
de mots –
saccagée miettes vide heureuse beauté puissant
des mots qui se confondent
se mêlent
et qui ne seront jamais assez
suffisants pour exprimer ce que
je ressens.
Je savais que ce livre réunissait
tout ce que j’aime chez un livre
alors, attendre le
dix-sept mai
a été long ; mais maintenant je veux
que tous les jours soient des dix-sept mai
pour repasser sous le porche
de la librairie
pour saisir ce roman encore
dans les cartons
et commencer à le lire
sous la pluie, trop impatiente
pour attendre ne serait-ce
qu’une dizaine de minutes
tous les jours.
La dernière page se ferme,
la première s’ouvre :
et personne ne pourra m’empêcher
de me réfugier entre ces lignes d’encre
qui tracent les contours de mes pensées,
de revivre quatre cent pages
accompagnée de personnages de papier.
Je parle d’un livre – Inséparables,
Sarah Crossan     chez Rageot    traduit par Clémentine Beauvais   (songe à la douceur)
quatre cent six pages   « livre qui a bouleversé l’Angleterre » –
mais je parle en réalité de bien plus qu’un livre.

Inséparables c’est l’histoire
de Grace et Tippi ; deux sœurs siamoises
dépendantes l’une de l’autre.
Mais un jour
elles entrent au lycée pour la première fois.
« monstres, abominations, anomalies »
Grace et Tippi ; Tippi et Grace
sont inséparables,
un lien tangible les unit
et ça,
personne ne pourra le briser.

Je repense à certains commentaires
de personnes sur le young adult :
« ce n’est pas de la littérature »
« la vraie littérature c’est
zola hugo rimbaud flaubert balzac proust rimbaud »
« on ne peut pas comparer
les livres pour enfants à la vraie littérature ».
Honnêtement, je plains ces gens.
Je n’ai pas besoin d’avoir lu
apollinaire vian céline salinger maupassant
pour qualifier ce roman
de merveille littéraire
de diamant vingt-quatre carats
de roman aux qualités littéraires énormes.
Et ce serait une énorme faute
de passer     à côté.
Peu importe      garçon ou fille
douze ou trente ans     (ou plus)
il n’y a pas d’âge pour être bouleversé.
Pas d’âge pour savourer
des mots qui laissent un goût doux-amer
en bouche.

La première chose que j’ai aimée
dans ce livre, avant même
de le commencer
est sa forme.
C’est écrit en vers libres.
C’est délicat, élégant,
doux. C’est travaillé et minimaliste
c’est sublime et poétique ;
ça fluidifie le livre, les mots
coulent
comment de l’encre. Les émotions m’envahissaient
à chaque page que je lisais.
Les quatre cent pages ont filé à une vitesse grand V.
Ces vers sont un peu
comme une grande poésie
pleine d’émotion à peine contenue
qui te saccage saccage       saccage.
Tout est frappé de poésie
des métaphores qui sont filées
comme des comètes
des allitérations des assonances
un véritable orchestre
des euphémismes et gradations et hyperboles
des litotes en pagaille.
Tant de poésie, tant de beauté,
c’est un peu comme un pansement au cœur.
Cette forme est une révolution de l’écriture –
l’auteure a envoyé balader
la prose et la conformité
et a créé son tout.

Je repense à Grace et Tippi comme
deux sœurs  ;  pire encore,
comme deux parties de moi
Tippi est ma partie gauche      Grace est ma partie droite.
Mon cœur est régit par ces deux personnages
désormais. J’ai Tippi et Grace
dans mon sang. Grace et Tippi dans mes veines.
Grace est pleine de sensibilité
de questions
et pourtant pas niaise ni mièvre
elle est joliment contrastée,
très humaine. Son point de vue m’a secouée
elle est tellement brisée intérieurement
mais même elle ne le sait pas.
Ses fêlures se ressentent à chaque vers
c’est écrit de telle façon à vous écorcher le cœur
à chaque ligne.
Tippi est
Tippi. Plus sûre que Grace,
elle se pose moins de questions
elle pardonne moins facilement
mais elle aime tellement Grace. Des deux, c’est
la plus rebelle
elle ne se laisse pas faire,
une vraie guerrière.
Une douce guerrière. Car tous les personnages
sont tout en douceur.
Il y a aussi Yasmeen
l’amie des deux jeunes femmes.
Yasmeen n’est pas conforme à la société
une rebelle
aux cheveux rose fuchsias, qui se bat pour les
jumelles, qui les considère comme d e u x
personnes à part entière.
Yasmeen est à part de la société
mais au cœur du roman.
Et puis
il y a Jon. Jon, Jon, Jon.
Le garçon de la bande.
Inutile de vous faire de dessin ;
vous avez sans doute compris
que de l’amour se mêle et s’entremêle entre
Grace et Jon.
Mais c’était léger, tellement léger
et en retrait du reste du roman.
Une parenthèse interdite pour Grace.
La romance entre les deux était donc
très légère –
ce n’était pas une romance à proprement parler.
C’était des sentiments qui naissaient
et qui vivaient, incertains.
Des personnages doux
charismatiques, originaux et brillants.

Je n’avais jamais vu de roman
surtout young adult
qui abordait ce sujet-là.
Ce n’était pas un livre médical qui explique
ce que sont les sœurs siamoises
les traitements
les origines
bla bla bla.
C’était un livre de vie
qui montrait le quotidien de deux sœurs siamoises
leurs rendez-vous chez la psy
chez le médecin
leurs problèmes récurrents.
Le pourcentage de
survie très très    trop bas.
C’était un sujet qui changeait
qui révoltait
qui passionnait
et qui intéressait. J’ai beaucoup appris
grâce à ce livre. Et pas que sur
la condition des enfants siamois.
J’ai beaucoup appris sur la vie, la famille,
l’amour, l’amitié
l’injustice du monde
la méchanceté des autres
la dureté de la vie.
La fin m’a bousillée
aussi. J’ai pleuré.
Parce qu’elle était déchirante et belle et belle
et belle
et pleine d’espoir.
Je sens un nœud se former dans ma gorge
rien qu’en y repensant.
Sous ses vers doux
et poétiques se cache une vraie brutalité
une vraie réalité. Et chaque mot de l’auteure réussissait
à transmettre cette douleur.
Sarah Crossan écrit comme elle respire
comme elle saigne,
ça se ressent. Impossible que ça en soit autrement.
C’était vrai    cruel     beau.
C’était Inséparables.
Je n’ai pas de mots car
ce livre me les a tous pris.
Il était lui
et infiniment plus encore.
Les mots se répercutaient dans mon cerveau
et faisaient écho à mon âme.
Il était lui,
et je n’ai jamais lu
et ne lirai jamais quelque chose de pareil.

Alors je m’adresse aux personnes qui lisent
ma chronique ; lisez ce livre.
Parce qu’il est beau, parce qu’il est doté de qualités
littéraires énormes, parce qu’il fait du bien
qu’il brise et qu’avant tout il est unique.

Ce n’est pas un livre.
C’est le livre.

en bref

Des sentiments en pagaille
des émotions refoulées
une écriture magnifique
qui cisèle le roman comme un joyau.

extraits

«Personne n’est entier, je lui dis.
On est tous des pièces manquantes.»

__

«Et pourtant,
étrangement,
savoir que le regard de Jon a dévalé
ces pages,
digéré les mots que moi-même
je dévore,
me donne l’impression  que
c’est aussi un peu lui que je goûte.»

__

«Elle n’est pas un morceau de moi.
Elle est moi totalement
et sans elle
il s’ouvrirait
un dévorant espace
dans ma poitrine,
un trou noir en expansion
que rien d’autre
ne pourrait
combler.»

chansons

  • Stairway to Heaven – Led Zeppelin (écoutez ici)
  • Il y a ton sourire – Saez (écoutez ici)
  • Sans viser personne – Benjamin Biolay (écoutez ici)

coup de coeur

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8 commentaires sur « INSÉPARABLES – L’épitaphe d’un amour »

  1. putain de merde.
    3 mots pourtant simples,
    qui résument parfaitement
    mon ressenti face
    à cette chronique.
    elle est tout simplement
    magique
    somptueuse
    et bien d’autres adjectifs.
    en ce moment même,
    je suis fière de ma juliette,
    d’écrire d’une manière
    si poétique
    si touchante
    si profonde;
    je t’adresse
    une dernière parole:
    je t’aime

    J'aime

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