chronique – the silent waters ; brittainy c cherry

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auteur: brittainy c cherry
éditeur: hugo roman
collection: new romance
pages: quatre cent pages

résumé

j’avais huit ans quand j’ai perdu ma voix. une partie de moi m’a été volée, et la seule personne qui pouvait vraiment entendre mon silence était brooks griffin. il était la lumière de mes jours sombres, la promesse du lendemain, jusqu’à ce que la tragédie le rattrape. une tragédie qui a fini par le noyer dans un océan de souvenirs.
c’est l’histoire d’un garçon et d’une fille qui s’aimaient l’un l’autre, mais qui ne s’aimaient pas eux-mêmes. une histoire de vie et de mort. d’amour et de promesses brisées.

mon avis

après la fêlure émotionnelle qu’avait été the air he breathes, je pensais que brittainy c. cherry ne pouvait pas me briser davantage le cœur. punaise, il est en pièces. les livres de la série « the elements » ont toujours cette poésie, ce certain lyrisme qui leur confère leur fort potentiel émotionnel. the silent waters est vrai, beau, dur. surtout beau. je me suis noyée entre le flot des pages, mais je me suis toujours accrochée à ce livre comme à une ancre.

le livre démarre lorsque brooks et maggie ont huit ans. un jour, maggie est témoin d’un événement qui la traumatise. elle ne parlera plus jamais après cette soirée, où elle assiste à quelque chose qu’elle n’aurait jamais du voir. la deuxième partie du roman se déroule lorsque les deux protagonistes sont adolescents. bien qu’ils soient « meilleurs amis », leur relation évolue, et une romance naît entre les deux. jusqu’au jour où brooks est contraint de partir. de nombreuses années plus tard, il refait surface, et son retour change tout pour maggie.

je ne pensais pas que ce livre allait autant me toucher. je ne m’attendais pas à pleurer – encore moins à pleurer cinq fois. l’histoire semble tellement réelle. les ellipses apportent au récit une impression de changement. on voit l’évolution dans le roman. l’évolution des personnages, certes, mais aussi l’évolution des sentiments. ces derniers montent en puissance, gagnent en maturité, ou, au contraire, déclinent. les personnages évoluent, et leurs sentiments avec. je n’évoque pas seulement brooks et maggie. la relation entre les parents de maggie m’a aussi beaucoup touchée – c’est sans doute un des éléments qui m’a le plus marquée : les sentiments qui meurent ou qui flamboient. ce roman est une hymne à l’amour, mais ce n’est pas niais, ni exacerbé ; c’était juste, réaliste et très travaillé. les relations entre les personnages sont très contrastés, et sont marqués par des changements flagrants au cours du temps ; aucun personnage ne stagne ou est sous-développé.

les personnages sont extrêmement authentiques. maggie est une jeune femme très touchante et réservée, sans en être mièvre. c’est un personnage qu’on  comprend, qu’on assimile rapidement. elle se perd dans les livres pour fuir la réalité – c’est sans doute pour ça que je me suis tant reconnue en elle. le roman tout entier est une ode à la littérature, de nombreux titres sont évoqués. une hymne à la musique est également mise en place à travers le personnage de brooks que j’ai tellement aimé. des trois garçons de la saga – tristan, logan ou brooks – logan de the fire reste mon favori (j’ai un faible pour les personnages torturés). mais des trois personnages, brooks est le plus … humain. il est plus contrasté que les deux autres hommes ; moins torturé, moins détruit. le duo brooggie (ship inventé à l’instant) est magnifique. on voit leur relation évoluer, prendre de l’ampleur. on les voit prendre soin l’un de l’autre, on les voit s’aimer, on les voit se noyer, on les voit s’ancrer l’un à l’autre.

la romance est un des centres majeurs du roman, évidemment. mais selon moi, l’élément structurant de ce récit est le traumatisme de maggie. cet événement définit tout le reste du livre. il impacte l’entièreté des personnages – pas seulement maggie mais également toute sa famille. il marque le début de leur chute ; ce récit a une certaine dimension tragique. on voit les personnages tenter de se débattre, tenter de comprendre. le roman s’axe aussi sur d’autres sujets – le courage qu’il faut pour vaincre sa peur, les familles qui se déchirent, la mort qui arrive sans prévenir, le silence. surtout le silence. le silence face aux tragédies, le silence face à l’amour, le silence face à la mort. ce livre est un long silence de quatre cent cinquante trois pages qui déchire plus que n’importe quel discours. ce livre est un de ces silences qui vous fait remonter à la surface quand les échos sont trop vifs.

en bref

brittainy c cherry signe une nouvelle fois une romance qui noie, qui sauve. les sentiments décrits étaient humains, réels ; puissants et fragiles. un livre dur émotionnellement, ce qui ne l’empêche pas d’être un livre pansement. la fin est la seule chose qui m’a déçue, à cause de sa facilité et de sa prévisibilité. la série the elements est un must read.

citations

“c’est grâce aux battements de ton cœur que le monde continue de tourner.”

__

“je t’aime, maggie may, murmura-t-il en me regardant droit dans les yeux. enfin, je te regarde et je ne peux pas m’empêcher de me dire « waouh ! j’aime vraiment cette fille-là, maintenant » tu sais ? j’aime tout chez toi. les moments faciles et les autres. peut-être que je t’aime encore plus dans les jours difficiles. […] je voulais que tu le saches, parce que quand on aime quelqu’un, je crois qu’il faut le crier, sinon, cet amour dans ta poitrine devient un peu pesant. il t’alourdit, et tu commences à te demander si l’autre t’aime aussi. je ne me fais pas de souci pour ça, remarque.”

__

“en dépit de tous les conflits, en dépit de la douleur, il l’aimait encore. c’était ça le truc, avec l’amour. il ne suffisait pas de lui dire de partir pour qu’il s’en aille. simplement, il demeurait silencieux, le sang coulant de ses blessures, continuant à espérer que vous n’alliez pas le laisser vous glisser entre les doigts.”

musiques lors de ma lecture

lettre à zoé – fauve

les meurtrières – saez

mystery of love – sufjan stevens

5/5

 

 

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10 commentaires sur « chronique – the silent waters ; brittainy c cherry »

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