cri des loups

 

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tu sors des bois en robe de sang. les branches nues des arbres griffent ton visage. tes joues sont un champ de ruines, striées de filaments crépusculaires. tes lèvres sont chaudes ; zébrures vives sur ta lèvre inférieure. le ciel gronde sa fureur, son sang s’échappe de ses veines pour tomber en lourds filets sur ta nudité. le vent soulève les lambeaux de ta robe défaite. il hurle même ta tristesse, qui éclate en milliards de particules dans le vide laissé par son absence. ton regard est éteint, vidé par l’amour transi qui le prenait autrefois entier. les feuilles mortes tombent sans fin sur tes épaules nues, dans une danse vaguement douce, presque délicate. et pourtant, tout est brusque en toi. le crépuscule vibre entre les murs de ton crâne, l’aube dégouline de sang rosé, meurtri d’un lendemain qui pourrait dire je t’aime. ta colère enflamme les feuilles qui brûlent, se déforment, tombent en morceaux. tu as envie de hurler ta douleur, qu’elle envahisse l’espace, qu’elle détruise toutes les formes inutiles du vide dans son accession au ciel. qu’elle te tue même, qu’elle fracasse ton cœur trop fragile. tes poumons crachent des larmes dans ta chair. la lune est noire, vive. le cri des loups résonne dans le lointain. tu cours.

juliette

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